Actualités

jeudi 22 avril 2010

Une loi pour les copains


Quel fut le texte jugé prioritaire par la majorité UMP après les élections régionales ? La loi sur le surendettement ? Celle sur le dialogue social au sein de la fonction publique ? Celle sur la traduction des engagements du Grenelle de l'environnement ? Non.

La priorité fut donnée à celle relative à l'ouverture à la concurrence et à la régulation du secteur des jeux d'argent et de hasard.

Il est difficile de voir l'urgence d'adopter ce texte pour les Français surtout après les résultats des élections régionales qui ont mis en évidence l'urgence de justice sociale. "Il s'agit en fait d'un texte d'opportunité : le gouvernement veut qu'il puisse être en vigueur pour la Coupe monde de football en juin... Mais aussi d'un texte aux bénéficiaires déjà identifiés : les amis du Président" résume le député Jean-Jacques Urvoas.

Cependant, même au sein de l'UMP, plusieurs parlementaires ont préféré s'abstenir plutôt que de soutenir ce projet de loi contestable à plusieurs titres. Il apparaît étrangement que les amis du Président ont intérêt à la libéralisation des paris en ligne, qu'il s'agisse de Stéphane Courbit, propriétaire de BetClick, par ailleurs pressenti pour le rachat scandaleux de la régie publicitaire de France Télévisions, ou encore du fils de Patrick Balkany, l'un des dirigeants de Poker Stars.

D'ailleurs, l'ombre de Nicolas Sarkozy planait dans le palais Bourbon au moment du vote de ce texte, puisque les députés UMP ont demandé une suspension de séance... pour pouvoir se rendre à l'Elysée où le Président les avait convoqués, suite aux résultats des élections régionales.

Contrairement à ce qu'a tenté de faire croire le gouvernement, l'Union européenne n'est en rien responsable de cette libéralisation. Le droit européen n'interdit pas le monopole, à la condition qu'il favorise la lutte contre la dépendance et vise à prévenir la fraude et le blanchiment.

"L'ouverture à de nouveaux opérateurs et la lutte contre l'addiction au jeu sont des objectifs contradictoires" indique le groupe socialiste à l'Assemblée nationale. Or, la situation est déjà préoccupante en France où le nombre des joueurs pathologiques est estimé entre 30 000 et 900 000. Enfin, les moyens accordés à l'autorité de régulation (ARJEL) ne lui permettront pas de lutter efficacement contre le trucage.

Après le vote cette loi, il est possible de lancer les paris sur : quel participant au repas du Fouquet's du 7 mai 2007 n'a pas encore été récompensé ?