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dimanche 25 avril 2010

Des mesures injustes et inefficaces


Suppression des allocations familiales et police à l'école : Nicolas Sarkozy persiste à proposer des mesures injustes et inefficaces

La lutte contre la délinquance, l'absentéisme et le décrochage scolaires sont des problèmes difficiles qui méritent mieux que des nouvelles gesticulations.

En matière d'absentéisme scolaire, les mesures seulement répressives ont partout démontré leur impuissance. En France, la suspension des allocations familiales, déjà prévue par la loi depuis 2006 est dénoncée jusque dans les rangs de la droite - par la voix de l'ancien ministre de l'éducation nationale, Luc Ferry - comme une mesure « injuste et inefficace ». En Grande Bretagne, le taux d'absentéisme scolaire a augmenté de 40% depuis que le pays pénalise financièrement et emprisonne les parents « responsables ».

Qu'à cela ne tienne : d'après le président de la République, si la suppression des allocations ne fonctionne pas, c'est qu'elle n'est pas assez « systématique ». Il faut une nouvelle loi, une de plus. Et puisque les Conseils généraux, dont relève aujourd'hui la décision de suspension, rechignent à exercer cette compétence, la solution est toute trouvée. Ce seront désormais les préfets qui devraient recevoir le pouvoir de sévir. Soumis à la pression de leur hiérarchie, on imagine de quelle manière ils appliqueront la mesure. Et pas question, bien entendu, d'évaluer les dispositifs existants.

Le parti socialiste appelle le gouvernement à davantage de responsabilité et réclame la mise en place d'un plan national de lutte contre le décrochage scolaire fondé sur l'individualisation des réponses et la généralisation des dispositifs relais.

Autre mesure mise en avant : Nicolas Sarkozy entend installer « un bureau destiné au policier ou gendarme référent » dans les établissements scolaires sensibles. Au printemps 2009, il avait demandé avec le succès que l'on connait, que soient « sanctuarisés les établissements scolaires ». A la rentrée dernière, il voulait déployer des « équipes mobiles de sécurité », composées de policiers ou de gendarmes à la retraite.

Aujourd'hui, le président de la République annonce un nouveau gadget. Un bureau, c'est bien, mais restera-t-il des policiers à mettre dedans ? Après les 9 200 suppressions de postes depuis 2007, le déficit de gendarmes et de policiers se fait sentir partout et d'abord là où les policiers et les gendarmes ont leur place : dans les brigades et les commissariats.

Ce n'est pas un « bureau » qui remplacera des équipes pédagogiques renforcées et soutenues, condition indispensable pour faire reculer la violence.