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vendredi 30 avril 2010

Transparence et respect


L'intervention de Tangi Youinou, en introduction aux débats du Conseil municipal de ce vendredi 30 avril 2010, revenant sur l'éviction d'un adjoint au maire UMP et l'annonce d'investissements lors de la séance de mars.

 

"La séance du Conseil municipal du mois dernier a été essentiellement marquée par deux événements : l’éviction d’un adjoint et l’annonce d’investissements pour les quatre années à venir. Ces deux points ne sont d’ailleurs pas étrangers l’un à l’autre : les investissements annoncés étant là pour tenter de masquer la mise à l’écart de l’un des vôtres, de relativiser le malaise qui existe au sein de votre équipe.

En ce qui concerne le sort que vous avez réservé à votre ancien adjoint aux ressources humaines, nous souhaitons vous rappeler que le Conseil municipal que nous formons ensemble est toujours en attente d’arguments objectifs pouvant expliquer cette soudaine et brutale décision à l’encontre de Gérard Quéré. Le débat public gagnerait à plus de transparence.

Par ailleurs, nous insistons également sur le fait que votre premier adjoint, auquel vous avez décidé de confier désormais la responsabilité des ressources humaines, n’a toujours pas reçu le vote favorable du Conseil municipal pour cette nouvelle délégation. Les décisions qu’il pourrait prendre ou qu’il a déjà prises en la matière ne sont sans doute pas juridiquement incontestables. Il serait prudent d’y remédier rapidement.

 

En ce qui concerne les annonces d’investissements faites le mois dernier, nous redisons ici que la méthode employée est irrespectueuse. Les élus de gauche n’ont, à aucun moment, été informés de vos propositions avant le dernier Conseil municipal alors que, parallèlement, vous preniez le temps de rencontrer les journalistes en amont de la dite séance du mois de mars. Ici aussi, nous pensons que la démocratie locale mérite mieux. Chacun jugera.

Sur le fond du sujet, nous restons interrogatifs. Nous avons déjà dit qu’à nos yeux, il s’agit plus d’une communication de crise de votre part que d’un programme mûri et discuté. Faute d’échanges sur le sujet, nous restons aujourd’hui réservés sur les chiffres avancés : l’avenir répondra à nos doutes. D’autant que la majorité à laquelle vous appartenez souhaite remettre en cause le principe dit de « clause de compétence générale » des collectivités territoriales, ce qui entraînerait un déficit certain pour les partenariats financiers locaux en empêchant par exemple les Conseils généraux d’être maîtres de leurs initiatives en faveur des communes et de leurs regroupements. L’investissement public chutant de fait, certains projets seraient en danger et les difficultés toucheraient forcément le tissu économique local. A l’heure où l’unanimité semble se faire sur les impératifs du développement durable, il est contradictoire de soutenir un tel cloisonnement des compétences. A l’opposé de cette vision, nous sommes persuadés que l’action publique appelle à plus de transversalité. Mais la majorité parlementaire ne semble pas partager ce souci ; aussi, nous espérons que l’évaluation des conséquences des réformes institutionnelles ainsi prônées ait été précise à l’occasion de l’élaboration de votre programme d’investissements 2010 - 2014. Il ne faudrait évidemment pas, demain, accuser d’autres collectivités territoriales d’empêcher la réalisation de vos projets. Surtout si des élections se profilaient à l’horizon…"