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samedi 26 juin 2010

Egalité scolaire


L'intervention de Tangi Youinou concernant les décisions de la majorité UMP envers les écoles (baisse des moyens alloués aux écoles publiques et augmentation de ceux affectés aux écoles maternelles privées) - Conseil municipal du 25 juin 2010.

 

" Vous nous proposez ce soir une augmentation du forfait municipal pour les classes maternelles privées, c’est-à-dire une dotation financière à la hausse pour une dépense que vous qualifiez vous-même d’autorisée c’est-à-dire facultative, alors que vous communiquez sans cesse, depuis maintenant deux ans, sur la nécessaire diminution des dépenses de fonctionnement.

Cette proposition pour les écoles maternelles privées n’en est que plus incompréhensible. Les restrictions que vous prônez doivent concerner tout le monde ou personne ; dans un champ d’intervention donné, le secteur scolaire en l’occurrence, elles doivent au moins être également réparties ; il n’y a pas de différence à faire (baisse d’un côté, augmentation de l’autre) sauf à créer volontairement une injustice. Nous vous le redisons ce soir en Conseil municipal : le chemin que vous empruntez en matière d’éducation est dangereux.

Nous savons que vous êtes pour un financement à égalité entre les écoles publiques et privées, vous le rappelez d’ailleurs très clairement dans la convention présentée ce soir, à l’article 3. La loi fixe le cadre pour les classes élémentaires. Votre projet est d’étendre ce principe de financement aux écoles maternelles. Soit. Il serait bon alors, en tant que sénateur, de commencer par protéger définitivement l’école maternelle en la rendant obligatoire ; le reste découlerait inévitablement... Cela aurait en outre le mérite de faire taire les reproches de certains ministres de votre majorité envers cet enseignement maternel. Une fois cette première mais indispensable clarification faite, il faudrait alors travailler l’ensemble des pièces du dossier, le système éducatif étant un bloc à ne pas « saucissonner ». Une égalité totale de droits ne peut évidemment pas s’entendre sans une égalité totale de devoirs. Cela signifierait par exemple que les établissements scolaires privés (collèges et lycées voire écoles selon les cas) soient soumis aux mêmes règles de carte scolaire que ceux du secteur public. Voilà une égalité réelle à mettre en œuvre, pour être parfaitement équitable.

Plus précisément, pour les écoles privées douarnenistes, il n’est pas juste d’aborder la question de leur financement sans débattre de leur mode d’organisation. Le secteur public de Douarnenez a eu le courage de se réorganiser. Le même chantier doit être ouvert avec le secteur privé, parallèlement aux discussions financières, une collectivité n’étant pas un simple guichet.

Pour toutes ces raisons, nous demandons donc :

  • le rétablissement des moyens de fonctionnement des écoles publiques

  • le maintien du niveau actuel de financement pour les écoles maternelles privées

  • et l’ouverture d’un débat global sur les relations à venir entre la collectivité et l’enseignement privé, liant organisation et financement."