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jeudi 11 novembre 2010

Détricotage de la solidarité


L’Union des élus socialistes et républicains du Finistère partage pleinement l’inquiétude des associations
de personnes handicapées, des associations et chantiers d’insertion et des collectivités locales : les
conséquences du gel des emplois aidés sont préoccupantes pour l’action solidaire, dans tous les champs.


- Concernant la scolarisation des enfants handicapés dans le Finistère, les élus craignent que le blocage
actuel soit annonciateur d’un désengagement progressif de l’Etat à terme qui les conduit déjà, dans leurs communes, à organiser des solutions d’urgence pour répondre à la détresse des familles concernées. Le gel des conventionnements des emplois aidés affecte désormais la scolarisation des enfants handicapés en milieu ordinaire, dans le Finistère. Cette situation délétère ne pourra que se répéter dans l’avenir. En effet, comme conséquence logique de la loi du 11 février 2005, le nombre d’enfants scolarisés en milieu ordinaire ne cesse d’augmenter à chaque rentrée scolaire, dans le Finistère comme partout en France.
Or le gouvernement se refuse à évaluer l’impact réel de cette loi, dans le long terme, sur les moyens
humains et financiers nécessaires au respect effectif du droit à l’éducation et à l’égalité des chances des
enfants handicapés qui y est garanti. Compte tenu des perspectives budgétaires dégradées, les élus locaux, responsables du bon fonctionnement de leurs écoles et sollicités par les familles sur le terrain, craignent à terme un nouveau désengagement de l’Etat dans ce domaine. Il serait d’autant plus aisé que les auxiliaires de vie scolaire sont aujourd’hui massivement recrutés via les contrats aidés. Loin d’être le principe intangible posé par la loi, la scolarisation des enfants handicapés est donc éminemment précaire.
Elle dépend de la consommation globale et saisonnière des crédits destinés à tous les contrats aidés, soumise tant à la conjoncture qu’aux décisions aléatoires de redéploiement de dernière minute ! Ce manque d’anticipation des besoins est inacceptable tant pour ces enfants que pour leurs familles. Dès maintenant, des garanties doivent être apportées sur le respect effectif de la loi dans la durée.


- Les collectivités locales sont aujourd’hui non seulement dans l’impossibilité de recruter en contrat aidé mais encore de reconduire ceux de leurs salariés actuellement en poste. Bien que pleinement engagés dans la lutte contre l’exclusion, les élus locaux sont donc empêchés d’atteindre leurs objectifs en matière d’emploi solidaire.


- Les chantiers et ateliers d’insertion sont encore fragilisés, des postes toujours vacants. La dotation complémentaire récemment concédée ne couvre que les contrats renouvelables et arrivant à terme d’ici la fin de l’année, pas les postes non encore pourvus pour lesquels les conventionnements Pôle Emploi sont toujours gelés. Alors que le contexte de crise appelait à un effort de relance à la hauteur des enjeux, des demandeurs d’emplois ne peuvent donc actuellement accéder à des postes pourtant vacants !

 

Lors du Conseil municipal du 5 novembre 2010, Tangi Youinou a interrogé William Boulic, 1er adjoint en charge des ressources humaines sur le devenir envisagé par la municipalité pour les agents sous contrats aidés au sein des services municipaux et pour les chantiers d'insertion présents sur notre territoire. Le 1er adjoint n'a pû que convenir que la situation n'était pas des meilleures... Il s'agit juste des conséquences directes de la politique gouvernementale, a priori soutenue par la majorité municipale UMP...