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samedi 17 mars 2012

Appel des résistants à un vote d’espoir


Par Raymond AUBRAC, Stéphane HESSEL ambassadeur de France, corédacteur de la Déclaration universelle des droits de l'homme.
Libération 14 mars 2012

 

 

 

Il y a soixante-huit ans, le 15 mars 1944, dans la clandestinité, le Conseil national de la Résistance (CNR) adoptait son programme. A la veille de cet anniversaire, à quelques semaines d’un vote déterminant pour l’avenir de la France et de sa jeunesse, nous, anciens résistants et fils de résistants, lançons cet appel pour que soient maintenus et transmis l’héritage et les valeurs de la Résistance.

Au lendemain de la Libération de la France, ce programme a été largement appliqué par le gouvernement dirigé par le général de Gaulle. Sécurité sociale et retraites généralisées, développement du service public, en particulier dans les domaines de l'éducation, de la santé, des transports, des médias, etc… demeurent les éléments indispensables au maintien d'une certaine égalité sociale et d'une nécessaire cohésion nationale.

Or, nous constatons que ce programme, qui reste si actuel, se trouve aujourd'hui remis en cause par la dictature des marchés financiers et de ceux qui s'en font les exécutants.

Les résistants et les fils de résistants se souviennent de celles et ceux qui sont morts dans la lutte pour la liberté, la démocratie, la dignité. Ils refusent qu'une part de la croissance de la richesse produite par le travail de tous soit confisquée par des enrichissements indécents et par les dérives d'un système financier devenu fou.

Des solutions existent qui ne sont pas dans la stigmatisation de telle ou telle composante de notre société, ni dans des pratiques d'exclusion. A celle-ci nous opposons ce que fut l'unité de la Résistance dans sa diversité, sachant que le racisme et l'intolérance conduisent toujours au fascisme.

L'emploi, le logement, les salaires font partie des préoccupations premières des citoyens et de la jeunesse. Celle-ci ne doit pas, ne peut pas se réfugier dans l'abstention ou le vote d'extrême droite qui n'est que démagogie. S'agissant du candidat sortant, nous ne pouvons que constater que les promesses n'ont pas été tenues et que le pouvoir s'est exercé au profit principal des privilégiés. Parce que nous pensons que la reconduction du sortant signifierait le démantèlement total du programme du Conseil National de la Résistance nous appelons à un vote de sauvegarde, d'optimisme et d'espoir.


Nous voterons et appelons à voter François Hollande.