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samedi 12 avril 2014

Point de vue sur l'élection municipale


" Le résultat de l’élection municipale de Douarnenez est sans appel : la droite représente près de 60% des votants, la gauche seulement 40%. L’abstention a été importante ; notre démocratie est une nouvelle fois interrogée.

Sans une dissidence à droite, la liste du maire sortant aurait vraisemblablement été élue dès le premier tour. Là est ce qu’il faut avant tout retenir de cette élection des 23 et 30 mars 2014.

La gauche municipale est très minoritaire à Douarnenez. Hormis le mandat 2001/2008, c’est la droite qui est aux affaires depuis 1995 (date de division de la gauche sur le dossier du Port Rhu) ; ce qui fera, d’ici 2020 (c’est-à-dire à la fin du mandat qui commence), 18 ans sur 25 ! L’image de « Douarnenez la rouge » ne tient plus…

Depuis 40 ans, il est à noter que les 2 maires de gauche élus à Douarnenez (Michel Mazéas et Monique Prévost) l’ont toujours été avec au moins le soutien commun du PS et du PCF dès le premier tour. Cette base d’union PS – PCF n’est pas suffisante pour gagner systématiquement mais une victoire municipale de la gauche n’a, jusqu’à présent, jamais été possible sans elle… Les faits sont têtus, l’histoire politique de la ville ne se raie pas d’un trait de plume…

Cette année, ces 2 partis ne se sont pas retrouvés sur la même liste, même si les programmes qu’ils défendaient l’un et l’autre étaient compatibles. Comme nous l’ont exprimé les responsables du collectif « citoyen » (soutenu par le front de gauche dont le PCF), les raisons de la non-union étaient ailleurs : reste à savoir où… Les électeurs ne s’y sont a priori pas retrouvés. Une analyse fine et sereine sera nécessaire, en examinant les raisons individuelles et collectives qui ont amené à cette situation.

La décision de la liste d’union « Ambition Douarnenez » (PS – EELV – UDB – citoyens) de se désister au second tour (pour éviter une concurrence à gauche) n’a pas été entendue voire comprise par un certain nombre d’électeurs. Il faut en prendre acte et entendre cette réalité. Pour autant, il me semble qu’un accord dès le premier tour est toujours préférable à une fusion de listes au second tour. La gauche devra s’interroger sur son comportement collectif, pour permettre à l’avenir une union plus large.

Le contexte national a également pesé. Les élections locales qui suivent l’élection présidentielle concentrent les critiques et le vote « sanction » envers la majorité parlementaire : 2014 n’aura pas échappé à la règle. Certains évaluent à 8 points la « perte » moyenne dont ont souffert les listes « étiquetées socialistes » entre 2008 et 2014… Dans l’hypothèse où cette estimation s’avérait juste, cela reviendrait à dire que la gauche douarneniste, dans sa diversité, pourrait se situer à environ 48%. Ce qui ne semble pas impossible.

Reste donc à trouver les clés permettant ce rassemblement et à trouver les projets et les personnes pouvant, ensemble et dans un respect mutuel, dépasser ce « seuil théorique » pour redevenir majoritaires à Douarnenez. Car, redisons-le, l’essentiel à retenir est que la gauche ne réussit plus à rassembler une majorité de Douarnenistes aux élections locales (cantonales ou municipales) ; et une élection ne se gagne qu’à la fin du match, par définition…

Ce rassemblement nécessaire de la gauche ne se décrète pas ; il se construit loin de toute polémique stérile, loin des jugements de valeur et des luttes de pouvoir personnel, loin de l’envie de revanche d’un clan sur un autre ou des leçons des uns faites aux autres… Il est devenu coutumier de dire qu’à Douarnenez, l’adversaire de la gauche c’est la gauche. Il est urgent de faire taire ce dicton.

Au travail ! "

Tangi YOUINOU