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dimanche 31 mai 2015

Collège pour tous ?


Madame, Monsieur,

Votre enfant est scolarisé au collège ou va bientôt y faire sa rentrée.

Ces derniers jours, la réforme du collège est régulièrement évoquée dans l’espace médiatique. Des responsables politiques et certains intellectuels entretiennent la confusion, ou pire, émettent des contre-vérités sur ce sujet important pour l’avenir de vos enfants. Vous entendez parler du Latin, du Grec, de l’Allemand, des classes bi-langues qui seraient supprimées ou encore du niveau des élèves qui serait forcément tiré vers le bas. Mais qu’en est-il vraiment ?

Depuis trois ans, l’Education est enfin redevenue la priorité de la Nation. Là où les gouvernements précédents supprimaient des postes d’enseignants, fermaient des classes, rabotaient le temps scolaire sans se soucier du rythme d’acquisition des connaissances des élèves, le gouvernement actuel, avec le soutien de la majorité parlementaire, a entrepris de refonder l’école de la République.

Le constat est unanime et dénoncé par des rapports internationaux. Depuis dix ans, le niveau scolaire baissait, les savoirs fondamentaux n’étaient pas toujours maîtrisés, les enseignants n’étaient même plus formés à leur métier, des classes manquaient de professeurs, et chaque année, plus de 140 000 jeunes sortaient du système scolaire sans qualification. Au lieu de tirer les jeunes générations vers le haut, l’école s’est limitée, faute de moyens et de méthode, à reproduire le plus souvent les inégalités sociales.

En dix ans, les inégalités se sont accrues. Entre élèves, entre établissements et entre territoires. La France a décroché dans les classements internationaux et le doute s’est installé dans la capacité de l’école à honorer la promesse républicaine qui consiste à offrir sa chance à chacun.

Depuis trois ans, nous nous attachons à combattre ces maux de l’école. Avec un fil rouge : élever le niveau général de notre système éducatif. Cela s’est notamment traduit par la revalorisation de l’apprentissage des savoirs fondamentaux au cœur de l’école primaire, la réforme des rythmes scolaires, le recrutement d’enseignants supplémentaires, le rétablissement de leur formation et la concentration des moyens de l’éducation prioritaire sur les établissements en difficulté.

La nouvelle étape de la refondation de l’école de la République passe désormais par la réforme du collège parce que ce sont des années déterminantes pour la poursuite du cursus scolaire de chaque enfant. C’est en effet à ce stade de leur scolarité que de trop nombreux jeunes en difficulté décrochent, le collège étant progressivement devenu le maillon faible de notre système éducatif.

Aussi, c’est pour permettre à l’ensemble des collégiens de mieux apprendre pour mieux réussir que la réforme du collège offre à chaque établissement les moyens de la maîtrise, par tous, des savoirs fondamentaux. Ainsi, la réforme du collège permettra aux élèves d’accéder à des heures dispensées en petits groupes, à des heures d’accompagnement personnalisé, à des enseignements pratiques interdisciplinaires, à davantage d’heures de langues vivantes, dès l’école primaire pour la première langue et dès la classe de cinquième pour la seconde langue. Elle favorisera également l’apprentissage du travail en équipe et l’expression orale ou encore l’acquisition de compétences numériques.

La nouvelle organisation du temps scolaire et les méthodes adoptées par le Conseil Supérieur de l’Education sont issues d’expériences qui ont fait la preuve de leur réussite partout où elles ont été mises en oeuvre. Elles visent à tirer le niveau vers le haut.

Les élèves d’aujourd’hui ne sont pas ceux d’hier. Ils vivent dans un monde ouvert et leurs modes d’accès aux savoirs se sont diversifiés. Par ailleurs, les enseignants s’appuient aujourd’hui sur de nouvelles technologies dont il faut généraliser l’usage.

Avec la réforme du collège telle que voulue par le gouvernement, c’est la démocratisation de la réussite scolaire qui est recherchée. Nous sommes donc bien loin des rumeurs et autres contre-vérités colportées çà et là.

Il est faux de dire que les langues anciennes ne seront plus enseignées. Au contraire : le Latin et le Grec seront proposés à davantage d’élèves. Il est faux de dire que l’enseignement de l’Allemand sera rogné. Au contraire : plus de cinq cents postes de professeurs d’Allemand seront ouverts à la rentrée prochaine. Il est faux de dire que l’enseignement des langues sera réduit. Au contraire : l’apprentissage d’une deuxième langue étrangère sera généralisé dès la classe de cinquième. Il est faux de dire que l’enseignement de l’Histoire abandonnerait la chronologie ou bien encore qu’il ferait la part belle à l’histoire d’une religion au détriment d’une autre.

Depuis trois ans, à travers la refondation de l’école, nous n’avons qu’une ambition : donner sa chance à chaque élève et réduire les inégalités de destin. C’est notre projet pour l’école. C’est notre fidélité à l’idéal républicain.

Espérant vous avoir éclairé(e), je vous prie de croire, Madame, Monsieur, en ma parfaite considération.

 

Annick Le Loch, Députée du Finistère